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  • Valentine Sled

Valoriser la pêche durable française

J’ai appris beaucoup de choses en discutant avec les poissonniers du marché Escudier. Ils m’ont éclairée sur le fait que les poissons, comme les légumes, ont une saisonnalité. Il y a pour chacun une période de reproduction à respecter, pendant laquelle il est préférable de ne pas les consommer.

En les interrogeant, j’ai découvert que leur top 3 des ventes rassemblait des poissons qui n’étaient pas pêchés en France :

- le saumon (qui vient de Norvège ou d’Écosse)

- le cabillaud (majoritairement pêché en Atlantique Nord-Est, plus qu’au large de nos côtes)

- et les crevettes (même si on en trouve désormais en Méditerranée, la plupart viennent de mers plus chaudes, près de Madagascar par exemple).



Ces poissonniers ont une démarche résonnée et éthique : malgré les impératifs de leurs ventes, tous essayent de valoriser la pêche durable et côtière pratiquée en France, dans le respect des exigences de l’écolabel, notamment de l’écosystème et de l’environnement. Ils achètent une partie de leur marchandise à Rungis, mais s’intéressent aussi à l’offre de la criée dans certaines zones de la France (Cécile par exemple, apprécie particulièrement la pêche pratiquée sur la côte de Gascogne. Un mareyeur y repère pour elle les grosses pièces vendues à la criée).



Ainsi, ils proposent une offre variée, mettant en valeur des poissons français qu’ils sont ravis de faire découvrir à leurs clients. Cécile a évoqué notamment le chinchard, un petit poisson bleu de caractère, au goût plus fin que le maquereau, très peu consommé alors qu’il est abondant sur nos côtes océanique et méditerranéenne. Patrice nous a montré de belles vives sur son étal, un poisson que l’on redoute beaucoup pour sa réputation urticante, mais qui est pourtant délicieux à déguster. Damien m’a parlé de la barbue, un poisson plat présent de la Mer du Nord à la Méditerranée, ressemblant à la sole. Vous serez surpris de voir que son prix d’achat est pourtant deux fois moins cher.



Ces poissons pêchés en France, ne sont souvent pas plus coûteux, le prix du poisson dépendant à la fois de la technique de pêche utilisée, donc de la main d’œuvre engagée, mais aussi du transport. Valoriser une pêche française, c’est valoriser le travail raisonné d’artisans, qui pratiquent un métier de passion dans des conditions difficiles. Acheter des produits sourcés localement, pêchés durablement, c’est permettre à ces petits pêcheurs de conserver leur métier et d’être payés à hauteur de leurs efforts.



Intéressez-vous à ces poissons et à leur origine ; demandez conseil à votre poissonnier si vous ne savez pas comment les cuisiner. Ils sont toujours de bon conseil car ils connaissent leurs produits par cœur, et ils se font une joie de répondre aux questions de leurs clients !



Découvrez le tableau ci-dessous, qui vous donnera quelques idées du poisson en à acheter en fonction de chaque saison :



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